Valério Adami
Claude Flach
Paul van Hoeydonck
Pascal  Mitevoy
René Withofs
Pierre Rulens
Jean Rulens
Muriel Gérard
Viviane Toumpsin

VALERIO ADAMI

 

Adami se forme à travers l'atelier de Felice Carena et rencontre à Venise Oskar Koskoschka. Après avoir étudié la peinture à l’Académie de Brera, à Milan, dans l’atelier d’Achille Funi, entre 1951 et 1954, Valerio Adami donne de premières toiles qui se rattachent à l’expressionisme mais, très rapidement, il trouve un style propre, fait de formes cernées fortement par une ligne épaisse et traitées en aplats de couleurs pures ( influence surréaliste qui demeure sous-jacente dans son œuvre ) et sans ombres.
Lors de son premier voyage à Paris (1955), il rencontre Wilfredo Lam et Roberto Matta. Il obtient sa première exposition personnelle à Milan en 1957 et y expose ses premières œuvres influencées par Matta. À partir de cette date, il partage sa vie entre l’Italie et Paris tout en effectuant de nombreux voyages à travers le monde : Amérique du sud, Inde (1957), Cuba (1967), Mexique (1970), etc. En 1968, il expose ses travaux au Jewish Museum de New York, en 1970 à Mexico City et à Jérusalem. Au cours des année 1970, Adami s’affirme comme un des représentants notables de la Nouvelle figuration. Il développe un style pictural psychologique caractérisé par le dessin élaboré, que la couleur a pour fonction de détourner, modifier ou amplifier. Ses œuvres se singularisent par la saturation des surfaces coloriées où ne subsiste aucun blanc, aucune trace de doute ou d’inachèvement.
Il définit le tableau comme « une proposition complexe, où des expériences visuelles antérieures forment des combinaisons imprévisibles. Le caractère figuratif de ses œuvres, minutieusement élaboré par de nombreux dessins préparatoires, ne doit pas faire illusion : il s’agit d’une reconstruction de la perception visant à l’appropriation d’images et non une référence directe à la réalité vue (« le tableau n’est pas fait de la même substance que la vision. Les personnages, objets, paysages s’articulent en des compositions complexes où les rapports classiques d’espace et de profondeur sont entièrement bouleversés. Mais Adami a souvent été traité de "peintre classique" à cause de son travail sur la ligne. Cependant, il n'est jamais tombé dans "la redondance néo-classique des postmodernes".


Claude Flach

 

Claude Flach est né en 1949 à Strasbourg, sa trajectoire picturale a commencé en 1981. Si nous sommes en présence d’une peinture et d’une sculpture figurative et surréaliste, l’épuration dont les sujets sont l’objet n’est pas éloignée de travaux tendant à l’abstraction et même à une forme d’expressionnisme.
Les supports sont habituellement la toile et le papier, notamment le papier photo.
Pinceaux et chiffons sont au rendez-vous pour disperser l’huile matière habituelle à laquelle l’artiste ne semble pas déroger. L’épaisseur de la substance sera variable en fonction de l’humeur plus que du sujet.
La couleur, tenue sans cesse dans une gamme de simplicité, révèle ou cache des configurations humaines stylisées, parfois même on ne distingue que d’infimes éléments ou signes en devenir ou en effacement au point de ne laisser subsister qu’une ombre abstraite. Les formats ne sont pas uniformisés, mais judicieusement adaptés aux compositions et trouveront place avec bonheur dans des
espaces importants de par leurs agencements extériorisés. Ce qui frappe dans le travail de Claude Flach tient au climat particulier de ses oeuvres, aux couleurs chaleureuses en apparences restreintes. Les fonds resteront dans des dominantes dégradées du blanc ou du gris mais dans tous les cas éclaireront les sujets. Très expressives, les images nous piègent, comme le travail de la mémoire ou du rêve qui nous structure mais peut aussi nous mystifier. Parfois, l’artiste procède à la fragmentation, carrée ou rectangulaire par l’introduction de « quadrétudes » comme les appelle le peintre Jicemil*. Ces fragments d’espace sont en réalité des fractions de temps, traduisant des instants d’émotions particulières, d’un passé retrouvé, résumé en un instant, comme un coup d’oeil rétrospectif à partir de souvenirs itératifs. Dans la réflexion de l’artiste, la sculpture n’est pas en reste, avec les « camisoles de faiblesse » nous retrouvons d’un buste contorsionné à la manière de Francis Bacon, nous percevons à nouveau cette approche avec quelques tableaux comme « théâtres intérieurs ». Témoignage d’une histoire humaine, chaque sujet appelle à
l’interaction du conscient et de l’inconscient, du visible et de l’invisible….
Le point, la ligne, le trait noir ou le visage proposent une interrogation sans réponse. La démarche picturale naît de la mémoire du peintre, mais aussi reste en phase avec son présent. L’artiste ne laisse rien paraître, il ne nous laisse aucune clé sémantique, il évolue dans un univers libre fait d’humour visible ou
caché, d’expériences heureuses et malheureuses, mais aussi d’humanisme. Si l’humain est toujours au centre, l’artiste nous pose les interrogations en nous laissant avec pudeur décrypter les signes.
Nul doute que cette oeoeuvre devrait prendre une place déterminante dans l’histoire de l’art contemporain de par son caractère libre et ajusté à une problématique humaniste plus d’actualité que jamais.


Paul van Hoeydonck

 

Peintre et sculpteur, autodidacte. Graduat en archéologie et histoire de l'art à Anvers. Voyages en Europe
et en Afrique du nord. Contacts avec le mouvement Zéro et le nouveau réalisme. Obtient plusieurs distinctions au prix Jeune Peinture belge. Membre fondateur de Formes, G58-Hessenhuis, Vision in Motion. Première exposition à Anvers en 1952. Entre 1956 et 1958 il colle de microscopiques éléments de plexiglas sur un panneau blanc, créant ainsi tout un jeu de reflets et de vibrations. Voyage à New York en 1961. Les œuvres des années soixante témoignent de sa passion pour la conquête spatiale. Son "Space Art" révèle une iconographie personnelle. Il assemble des objets quotidiens (poupées, boules, mannequins, appareils électriques...) dans des reliefs qu'il peint en blanc, au pistolet. Il fige ainsi des paysages déserts de science-fiction, et les protagonistes des futures aventures spatiales. En 1971, l'expédition Apollo 15 déposera sur la lune une petite figure de Van Hoeydonck en hommage aux astronautes disparus. Il utilise la fonte en bronze pour ses robots depuis 1974. Revient à la peinture en 1977. Expose en 1981 des photomontages; il donne des allures de vaisseaux spatiaux à des vues de grandes villes rehaussées à l'encre de Chine. Ces dessins construits et rythmés évoquent l'intemporel et l'infini de l'univers.

Pascal Mitevoy

 

Pascal Mitevoy  est un artiste autodidacte et généreux. En disposant sa puissance dans le vieux bois, il taille ces figures d'une imposante allégorie au caractère totémique.
En excavant  la matière il exprime sa générosité et sa sensibilité et redonne une autre vie à ces artefacts que l'homme ou la nature utilisent et détruisent dans leur quotidien.
Pascal incarne la vie... Rêves ou cauchemars...C'est là son paradoxe.
Pascal nous donne et nous fait rêver.




René Withofs


René Withofs, galeriste novateur des années 70, consacre en 1968 sa toute première exposition à un jeune artiste en devenir : Valério Adami.

 

 

 

 

 

 

Pierre Rulens


Pïerre Rulens fait partie de ces artistes qui, les pieds sur terre, ont l'esprit dans l'infini. Le paradoxe se retrouve dans les courbes sensuelles de son travail, faites d'un équilibre parfait puisé dans les sciences ancestrales.
Force et légèreté se dégagent de son œuvre. L'important dit-il, est d'avoir le regard ouvert. Science de l'art ou art de la science, il nous fait rêver.
Beaucoup de mathématiciens considèrent leur discipline comme un art. Ils travaillent à partir de leurs méthodes spécifiques, mais aussi sur des théories esthétiques s'appliquant à la création artistique.
D'un autre côté, des artistes sont stimulés par les mathématiques, utilisant des idées développées par les scientifiques. Art ou pas, la mathématique nous plonge dans le monde de l'équilibre et de l'harmonie, ses liens avec la musique ou la forme sont étudiés depuis longtemps. Ne parle-t-on pas d'objet mathématique et d'objet d'art ? Le ruban de Moebius n'en est-il pas un merveilleux exemple ? Objet mathématique paradoxal, non-développable, le ruban de Moebius est un lien idéal entre le symbolique et l'art de la forme. Cette figure crée un mouvement infini. En elle se retrouve le cercle, l'éternel retour. A une seule face et une seule arête, cette forme nous plonge dans le paradoxe de l'envers et de l'endroit, du conscient et de l'inconscient, du plein et du vide, du jour et de la nuit, du bien et du mal, de la vie et de la mort, de la femme et de l'homme… Voici la base de mon travail que je vous dévoile aujourd'hui.

 

Jean Rulens

 

Chacune de mes sculptures est une tentative de mise en forme de l'équilibre. Vide, mouvement, pesanteur et densités de matière sont pour moi des "matériaux" que j'exploite au même titre que le bois, le fer ou le plomb. Je déplace les centres de gravité pour que naissent d'improbables équilibres. J'aime créer un décalage entre ce que l’œil "voit" et ce que le cerveau "sait". Les réinventant constamment, une caresse de l'air ou de la main suffit à animer mes sculptures. Leur mouvement offre une infinité de "combinaison" et de "rapports" de formes de couleurs et d'ombres.

 

Muriel Gérard

 

Après une dizaine d'année d'expérimentations diverses, voici 4 ans que j'aime me faire surprendre par les
mélanges de matière et de couleur. J'utilise l'acrylique sur support toilé, de différents formats, quoique
affectionnant particulièrement le 120x120. Les effets de matière sont obtenus par mélange de plâtres et de pigments, sans recherche particulière de composition programmée. Mes peintures naissent dans l'instinct et l'instant, parce que je suis davantage intéressée par ce que dégage le tableau au moment ou  elle réalise que par une démarche plus rhétorique qui voudrait que ma création ait un commencement, un développement puis une fin. Je réalise ces tableaux dans mes temps libres, étant infirmière de formation
et de profession. Une première exposition en solo réalisée à Wavre en partenariat avec la région Wallonne m'a permis d'évoquer avec un autre public que le cercle de mes connaissances son ressenti par rapport à
mon travail. Tantôt sobre, tantôt "flashy", j'aime à superposer, mélanger, effacer, reprendre, coller,
craquer, brosser, lisser, gratter ... bref une vraie cuisine, sans recette !

 

Viviane Toumpsin

 

L'art naïf, la courbe pleine, les sculptures de Viviane Toumpsin respirent la vie sous ses atours les plus bruts. Avec leur peau craquelée et leurs couleurs intenses, les masques sourient, les chats s'étirent ou s’enroulent, les boules et les boîtes scintillent…
 Par la peinture comme par la sculpture, elle traduit avec légèreté la naïveté de son regard. Tantôt abstrait, tantôt figuratif, son univers artistique reflète la sensibilité d'un enfant qui découvre le monde.                                    Autodidacte, en quête d'un mode d'expression plus proche de son univers intérieur, elle explore les techniques artistiques de l'aquarelle, des pastels, de la gouache et des pigments naturels. L'exposition propose ici ses dernières créations céramiques (raku et électriques).
Pour Viviane, l'art se partage, se raconte et s'invente. Grâce aux ateliers créatifs qu'elle anime avec les enfants de son village, elle garde à sa spontanéité enfantine une éternelle jeunesse.